Retours de concessions

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16 mars 2026

Gougra 2039 : Un modèle construit dans la sérénité

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Comprenant les barrages de Moiry et de Tourtemagne ainsi que les centrales de Mottec et Vissoie, ce dossier illustre une collaboration exemplaire entre les communes germanophones de Tourtemagne, Oberems et Ergisch, et les communes francophones d’Anniviers, Chippis et Chalais, regroupées dans l’Association des collectivités concédantes des Forces Motrices de la Gougra 39 avec le Canton, qui est également concédant. Les concessions concernant le palier supérieur de l’aménagement arriveront à échéance en 2039. Dans ce cadre, FMV intervient sur des tâches liées au droit de retour et aux nouvelles concessions, mettant son expertise au service de la communauté valaisanne. David Melly et Beat Lang, respectivement président et vice-président de l’Association, décrivent les particularités de ce dossier et soulignent les intérêts partagés, la sérénité dans les discussions et l’accompagnement de FMV jugé déterminant.
Production annuelle : 643 GWh (palier inférieur compris)

« Le protocole suivi peut servir de mode d’emploi en Valais »

David Melly

Président de l’Association des collectivités concédantes des Forces Motrices de la Gougra 39

«La particularité de notre dossier est double. Tout d’abord, deux concessions régissent la cascade de la Navizence jusqu’au Rhône, exploitée par une société qui est aujourd’hui une entité fusionnée. Concrètement, le palier inférieur à partir de Vissoie a déjà fait retour, avec une nouvelle concession en force jusqu’en 2084. Le retour du palier supérieur interviendra lui en 2039. Il concerne les barrages de Moiry et de Tourtemagne ainsi que les centrales de Mottec et de Vissoie. A cette échéance et à des fins d’harmonisation, les trois communes concédantes Anniviers, Chalais et Chippis prendront 51% du palier inférieur.
L’autre particularité de ce dossier est que nous avons d’ores et déjà fixé dans une convention le prix de l’exercice du retour du palier supérieur, c’est-à-dire l’indemnité équitable. Une convention annexe contient des dispositions qui prévoient une mise à jour annuelle de la valeur de la partie sèche de l’aménagement. Elle inclut la reconnaissance en plus-value liée aux rénovations des installations. Ces éléments fixés, nous avons pu sereinement passer à la suite. Plus généralement, le protocole suivi et l’accord trouvé peuvent servir de mode d’emploi aux autres dossiers de retours de concessions en Valais. Il faut souligner que l’organisation intercommunale mise sur pieds pour pérenniser les acquis au-delà du roulement des élus locaux, tributaires des périodes législatives, ainsi que le suivi de FMV sont primordiaux pour gérer ces dossiers sur le long terme.

«FMV a toujours amené des positions solides et équilibrées dans un processus rigoureux et transparent, à la satisfaction des autres experts.»

Dans le cas de Gougra 39, le rôle des experts des communes consiste notamment à questionner le centre de compétences FMV et à mettre à l’épreuve les chiffres et arguments avancés. Il apparait clairement que FMV, mandaté par la communauté concédante dont fait partie le canton du Valais, a toujours amené des positions solides et équilibrées dans un processus rigoureux et transparent, à la satisfaction des autres experts. Ce résultat positif démontre que les communes concédantes et le Canton partagent les mêmes intérêts. Le seul risque majeur est que la communauté valaisanne ne prenne pas la main sur les aménagements hydroélectriques en collaboration avec les partenaires actuels ou futurs. Pour le reste, les dispositions prévues permettent de minimiser les risques industriels, économiques et financiers.»

« J’ai pu observer une grande sérénité dans ces discussions complexes »

Beat Lang

Vice-président de l’Association des collectivités concédantes des Forces Motrices de la Gougra 39

«C’est un aménagement hydroélectrique d’envergure. Le complexe de la Gougra est le cinquième en termes de production en Valais et le plus avancé des grands ouvrages dans le processus des retours des concessions. Il était donc très important de régler proprement et dès le départ ce dossier très important pour la communauté concédante et pour les Forces Motrices de la Gougra. L’objectif était de permettre à la société concessionnaire d’avoir une vision claire sur le futur afin de pouvoir planifier et poursuivre à long terme les investissements dans les infrastructures. En tant que président d’Ergisch et membre du conseil d’administration de la société concessionnaire, j’ai pu observer une grande sérénité dans ces discussions complexes. Nous pouvions craindre que les parties prenantes au dossier défendent des intérêts très différents. Ce n’a pas été le cas. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le travail a été mené de manière raisonnée et équilibrée grâce à de bonnes relations entre tous. Les protagonistes comme Alpiq, chef de file actuel de l’aménagement et FMV, futur actionnaire, ont fait preuve d’un esprit constructif et ouvert dans les discussions.

«FMV a joué un rôle d’accompagnement décisif.»

Le processus engagé s’est déroulé indépendamment de l’envergure de l’aménagement. Nous avons signé une convention sur l’indemnité équitable liée à une autre convention sur la valeur résiduelle du projet de réhabilitation des groupes de production. Cette expérience constitue un fondement sur lequel les autres dossiers peuvent s’appuyer. Elle montre comment les choses doivent réellement se dérouler : une appréciation cohérente des intérêts en présence, le suivi rigoureux d’un processus établi et des décisions fondées sur une vision d’ensemble. Dans cette perspective, FMV a joué un rôle d’accompagnement décisif pour nous. L’entreprise met à disposition ses compétences pointues et ses ressources. En ma qualité de représentant des communes germanophones, je peux affirmer que le travail se déroule de manière fluide sans que l’on remarque un quelconque frein lié à la barrière des langues. C’est réjouissant dans la perspective de déployer de manière concertée la stratégie force hydraulique du Valais.»